Les spécificités des ERP du secteur agroalimentaire

Sécurité alimentaire, durabilité, volatilité des matières premières, logistique complexe : l’agroalimentaire concentre des contraintes fortes et interconnectées qui pèsent sur les systèmes d’information. Décryptage des spécificités que doivent couvrir les ERP du secteur, complété par un entretien avec Actemium Agri (VINCI Energies) sur la durabilité, la réglementation EUDR et la gestion des marchés à terme.

Les spécificités des ERP du secteur agroalimentaire
Ryadh Harrar

Consultant

Résumé de la publication

Comment les ERP s’adaptent-ils aux spécificités du secteur agroalimentaire ? Décryptage et entretien croisé avec les équipes d’Actemium.

Le projet en chiffres

En 2025, l’industrie agroalimentaire est à la croisée des chemins : attentes croissantes des consommateurs pour des produits durables, régulations renforçant la sécurité alimentaire et réduisant le gaspillage, chaînes d’approvisionnement fragilisées par les aléas climatiques et les tensions géopolitiques (hausses de coûts, difficultés d’appro).

Dans cet environnement, la digitalisation devient un levier essentiel pour améliorer la traçabilité, optimiser les flux, maîtriser les coûts de revient et sécuriser les approvisionnements. La capacité des éditeurs d’ERP, comme celle des entreprises, à innover et à anticiper les nouvelles régulations sera déterminante.

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Les enjeux du secteur agroalimentaire

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Traçabilité, sécurité et conformité réglementaire

  • Traçabilité et qualité : garantir la traçabilité complète, des matières premières aux produits finis, avec des contrôles qualité à chaque étape.
  • Conformité aux normes : permettre audits et contrôles de sécurité alimentaire (HACCP…), face à des régulations qui évoluent en continu.
  • Contrôle des allergènes : suivre et gérer les allergènes pour éviter la contamination croisée.
  • Risques sanitaires et gestion de crise : disposer d’une traçabilité permettant les rappels de produits et une réponse rapide en cas de crise.

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Gestion des ressources et des coûts

  • Stocks et approvisionnements : adapter les flux aux variations de la demande et à la périssabilité des produits.
  • Coûts et marges : suivre les variations de prix des matières premières et ajuster les marges en temps réel.
  • Formules et recettes : adapter les recettes à la disponibilité des matières premières, sans altérer la qualité.

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Durabilité et impacts environnementaux

  • Durabilité et lutte contre le gaspillage : réduire les pertes, optimiser les emballages, adopter des pratiques plus durables.
  • Adaptation au changement climatique : sécuriser les approvisionnements via des sources alternatives et l’ajustement des capacités.

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Logistique et chaînes d’approvisionnement

  • Logistique complexe : gérer les spécificités de transport (réfrigération, délais, import-export) tout en maîtrisant les coûts.
  • Saisonnalité et fluctuations : anticiper les variations saisonnières et les pics de demande pour ajuster production et approvisionnements.

Ces enjeux sont étroitement liés : les entreprises doivent les traiter de façon globale, en conciliant contraintes internes (optimisation des processus) et externes (régulations, environnement).

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La réponse des ERP aux enjeux du secteur

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Des ERP développés spécifiquement pour l’agroalimentaire existent, parmi lesquels RADAR Actemium Agri, VIF Software, Infologic Copilote ou Infor CloudSuite Food & Beverage. Pour cet article, nous avons échangé avec Actemium Agri (Business Unit de VINCI Energies, ex-Radar Automation), avec qui nous avons coopéré sur l’implémentation de leur logiciel Operra chez l’un des plus importants groupes agroalimentaires français. Extraits.

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Quels sont les principaux enjeux du secteur, aujourd’hui et demain ?

La durabilité et la transition écologique. Déjà très présente dans les biocarburants (suivi des valeurs bas carbone par lot, primes GES, bilans massiques). En France, l’élevage représente 45,5 Mt eq CO2 (~11 % des émissions), l’alimentation animale 50 à 70 % de l’impact GES de l’élevage ; le secteur agricole doit réduire ses émissions de 16 % d’ici 2030 et 46 % d’ici 2050 (vs 2020). Le suivi des valeurs GES impose de nouvelles fonctionnalités ERP (optimisation des formules, étiquetage GES), une évolution qui devrait se propager aux autres filières.

Le changement continu de la législation. La réglementation EUDR (déforestation importée), repoussée à 2026 avec des modalités encore floues, imposera pour certains produits (soja, huile de palme, viandes bovines) une certification « zéro déforestation depuis 2020 », avec des répercussions potentiellement lourdes sur les SI et l’automatisation. Côté dématérialisation, la facture électronique est plus claire, mais chaque client l’aborde différemment, souvent dans une politique de digitalisation plus large.

Des marchés de matières premières très volatils. La volatilité pousse à contractualiser sur 6-12 mois, mais un fabricant d’aliments peine à sécuriser ses prix de revient futurs. L’ERP doit intégrer le suivi des formules, la gestion des contrats de vente et le contrôle des marges, un véritable outil d’aide à la décision pour les directions financières, adossé à des data warehouses et des outils de BI.

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Qu’est-ce qui distingue un ERP agroalimentaire d’un ERP généraliste ?

  • Durabilité : intégration des contraintes environnementales et des valeurs GES.
  • Gestion des marchés à terme : module dédié à la volatilité des matières premières.
  • Flexibilité accrue : indispensable face aux changements de dernière minute.
  • Expertise sectorielle : l’éditeur conseille en s’appuyant sur les meilleures pratiques du secteur.
  • Développements réguliers : évolutions spécifiques aux besoins du secteur.

Un ERP généraliste exige de paramétrer chaque contrainte (ex. arbitrages sur produits dérivés cotés au MATIF) là où les ERP spécialisés les intègrent nativement. Le module qualité, présent partout, est aussi bien plus lié, dans l’agro, aux prix d’achat et à la formulation des recettes (prix ajustés selon les analyses).

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Comment Actemium s’organise-t-il pour répondre au secteur ?

Actemium collecte les demandes clients pour identifier les besoins récurrents, avec une équipe structurée (développement, business analysis, ticketing, responsables produits) et une méthodologie agile (sprints de deux semaines). Les demandes sont priorisées en interne, une roadmap est partagée avec les grands clients via des démos régulières, et un wiki centralise la documentation.

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Ce qu’il faut retenir

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Face à des enjeux toujours plus complexes, les entreprises agroalimentaires doivent allier performance opérationnelle, conformité réglementaire et engagement environnemental, et traiter ces défis interconnectés de façon globale.

Les ERP jouent un rôle clé en offrant des réponses adaptées aux spécificités du secteur et en accompagnant la transformation. Les ERP spécialisés, comme celui d’Actemium, font preuve d’agilité en restant à l’écoute de leurs clients pour proposer des évolutions régulières.

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