CSRD : les Do & Don’t

47 % des entreprises françaises concernées ne se sentent pas prêtes pour la CSRD (AMF) : accès aux données, expertise technique et intégration des concepts ESG figurent parmi les principaux risques. À partir de sa démarche de diagnostic, Sideby identifie trois axes - gouvernance, formation & collaboration, technologie & digitalisation - et, pour chacun, les bonnes pratiques et les pièges à éviter.

CSRD : les Do & Don’t
Thomas Benoit

Manager

Résumé de la publication

Quelles sont les choses à faire et celles à proscrire lorsque vous entamez votre projet CSRD ? Nos experts vous apportent leurs conseils.

Le projet en chiffres

Le chantier CSRD représente un défi important pour les entreprises. La démarche de diagnostic préparant la mise en œuvre du rapport soulève de nombreux obstacles qui peuvent rapidement minimiser le ROI, voire mettre en risque la mise en conformité.

Aujourd’hui, 47 % des entreprises françaises impactées ne s’estiment pas prêtes à répondre aux exigences de la CSRD (sondage AMF), avec trois risques principaux :

  • la structuration et l’accès aux données ;
  • l’expertise technique pour analyser des données de durabilité complexes ;
  • l’intégration des concepts ESG dans les modèles de reporting existants, avec un fort impact sur les processus internes.

Grâce à sa démarche de diagnostic, Sideby a identifié trois grands axes stratégiques pour la mise en œuvre du reporting CSRD, avec les bonnes et les mauvaises pratiques associées.

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La gouvernance : clé stratégique du chantier CSRD

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Comme tout projet réglementaire, la gouvernance est un facteur de risque majeur : le rapport couvre de nombreux périmètres de l’entreprise et de son écosystème, avec une multiplicité de parties prenantes à fédérer : internes (DAF, DG, DRH, Directions opérationnelles, Marketing…) comme externes (fournisseurs, clients, communautés, partenaires publics…). Sa dimension stratégique impose une vision de la durabilité portée par la direction générale.

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Les DO

  • Mettre en place une gouvernance forte avec un comité dédié au suivi CSRD, pour piloter les contributions de toutes les parties prenantes et suivre les investissements de déploiement et d’amélioration des performances de durabilité à long terme.
  • Investir dans des outils de collecte et d’analyse de données, pour traiter la diversité et la complexité des éléments du rapport et projeter les impacts ESG à court, moyen et long terme (ex. un EPM).
  • Privilégier une démarche progressive avec des objectifs clairs et mesurables, en mode Minimum Viable Product : répondre d’abord à l’exigence réglementaire, puis approfondir l’analyse et la maîtrise des performances ESG.

Les DON’T

  • Considérer la CSRD comme une contrainte plutôt qu’une opportunité stratégique, ce qui conduirait à n’impliquer qu’une seule direction (RSE ou DAF) et à sous-dimensionner la gouvernance.
  • Négliger la qualité des données, en traitant les données quantitatives isolément, sans les relier à la stratégie et au business model.
  • Vouloir tout changer en même temps sans priorisation, au risque de conditionner le rapport CSRD à un plan de transformation global de toute l’entreprise.

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La formation et la collaboration : un facteur d’efficacité opérationnelle

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La mise en œuvre du rapport soulève des questions d’implication des directions sur leurs propres enjeux de durabilité. Sensibilisation, formation et collaboration sont autant de facteurs d’opportunités que de risques : le manque de collaboration explique 29 % des échecs de projets de transformation, un défaut de formation et de gestion des connaissances 39 %.

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Les DO

  • Former et sensibiliser les équipes aux exigences CSRD et aux enjeux ESG, en préalable au chantier, pour sécuriser l’embarquement et maximiser l’implication et la pertinence des contributeurs.
  • Collaborer avec des experts externes du même secteur, pour bénéficier de leur expérience, anticiper les points critiques et favoriser un apprentissage collectif adapté aux exigences sectorielles.
  • Développer des partenariats avec les parties prenantes pour améliorer la transparence, recommandation forte de l’EFRAG, utile à la matrice de double matérialité et au ROI des actions moyen/long terme.

Les DON’T

  • Sous-estimer le besoin d’accompagnement continu, au risque d’un désengagement des directions et parties prenantes, alors que la réglementation évolue et que les opportunités CSRD sont difficiles à mesurer.
  • Ignorer les retours d’expérience d’autres entreprises ou industries, qui font gagner un temps précieux et éclairent les futurs ESRS sectoriels.
  • Éviter le dialogue avec les parties prenantes externes par peur des critiques, alors que la logique de reporting sur la chaîne de valeur impose de les impliquer dans l’évaluation ESG.

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La technologie et la digitalisation : le défi opérationnel du rapport

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Si la gouvernance et l’implication des parties prenantes sont stratégiques, la technologie est le défi opérationnel du rapport. Près de 49 % des entreprises utilisent encore Excel pour le reporting ESG (sondage KPMG), insuffisant face aux besoins de consolidation, d’analyse, de projection et de reporting.

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Les DO

  • Utiliser des logiciels et plateformes dédiés pour automatiser la consolidation, des données quantitatives (finances, CO2, déchets…) comme qualitatives (narratif). Peu d’outils couvrent toutes les exigences CSRD : le choix reste critique.
  • Digitaliser les processus de reporting, pour produire rapidement un rapport soumis à certification des Commissaires aux comptes, en l’inscrivant dans les process de reporting financiers (à commencer par la DAF).
  • Mettre en œuvre des outils d’analyse prédictive, pour projeter les impacts à long terme en croisant de nombreuses variables internes et externes.

Les DON’T

  • Ne pas projeter l’outil CSRD dans l’écosystème SI et la structure data, alors qu’une démarche de data management garantit fiabilité et auditabilité et accélère le déploiement.
  • Négliger la digitalisation de la partie narrative (70 % du rapport), qui contextualise les indicateurs ; certains outils exploitent l’IA pour extraire le narratif de la documentation existante.
  • Sous-estimer la sécurité des données, le rapport s’appuyant sur des données sensibles (financières, RH, industrielles) et des contributions externes, avec des enjeux de secret des affaires.

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En bref

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Pour réussir sa transition CSRD, l’entreprise doit poser une fondation solide dès le démarrage, par une planification minutieuse et une mise en œuvre stratégique :

  • une gouvernance robuste, aux responsabilités clairement définies, alignée sur les objectifs de l’entreprise ;
  • une démarche de formation et de collaboration garantissant compréhension et adhésion autour des enjeux et des méthodologies de reporting ;
  • une approche technologique et digitale structurée pour simplifier le reporting et garantir la précision, la véracité et la conformité de données complexes.

En travaillant ces trois axes dès la phase de démarrage, notamment via un diagnostic de maturité CSRD, les entreprises surmontent les premiers défis et posent les bases d’une intégration réussie du reporting de durabilité, qui renforce aussi leur compétitivité et leur réputation d’entreprise responsable.

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